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 [FLASHBACK] When everything was normal... |fr. Sebastian

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Abby V. Habbot

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MessageSujet: [FLASHBACK] When everything was normal... |fr. Sebastian   Ven 17 Juin - 21:14


Samedi après-midi. Comme tous Samedi ou presque, je voyais Sebastian. C’était notre rituel. Notre petit truc. On a pas toujours été fusionnels lui et moi. On a eu des débuts difficiles et j’ai appris à la connaître. Certaines de mes amis pensent que j’ai des sentiments pour lui. Moi, je ne pense pas. C’est qu’une amitié en béton. Une amitié faîte de calins et de bisous sur la joue volés. On pouvait être à la foi complètement gamin et très mature ensemble. Je crois que c’était la personne dont laquelle j’étais le plus moi-même. Il ne me jugeait pas. Jamais. Je pourrais dire la plus grosse connerie qui existe qu’il ne le relèverait même pas. On était proche et je ne pouvais empêcher mes copines de commérer là-dessus. Après tout, elles faisaient ce qu’elles voulaient. Bref, quoi qu’il en soit j’étais dans l’un des nombreux parc dde Boston en train d’attendre Sebastian. Le son de mon Ipod monté à fond, j’étais dans mon monde. J’aimais bien m’enfermer dans un autre monde. Imaginer. Penser. Refaire le monde tout simplement. J’adorais imaginer des choses au rythme de la musique. Assise sur le banc, je regardais les gens passés puis ferma les yeux quelques secondes pour m’imprégner de la musique. Je reçu un texto de Sebastian me disant qu’il allait sûrement avoir une quinzaine de minute. Je soupirais quelque peu, avant de me lever du banc et de sortir du parc. Direction le Starbuck le plus proche. Je me mis dans la file d’attente et commandais un grande caramel macchiato et la boisson qu’avait l’habitude de prendre Sebastian. Je ressortis une dizaine de minute plus tard et retournais dans le parc, pour poser mes fesses sur un autre banc. Je continuais d’écouter de la musique tout en l’attendant. Je commençais à boire mon caramel macchiato, tranquillement. Il faisait beau. Une simple brise venait s’écraser sur mes joues. Ca faisait du bien. Les premières chaleurs de l’été commençait à arriver et j’avais bien envie d’aller faire un tour à la plage un de ses quatres. Je continuais de boire mon café, quand je vis au loin Sebastian. Enfin, ce n’était pas trop tôt. J’attendis qu’il arrive à ma hauteur pour lui tendre sa boisson, avec un sourire en coin. L’air de dire : tu vois que j’ai pensé à toi. Je continuais de le regarder quelques minutes avant de lui demander :

« Alorrs comment ça va ? »

Je souris et range mon Ipod et mes écouteurs dans mon sac. Je me décale pour lui faire une petite place et j’attends sa réponse.
Sebastian Caulfield

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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] When everything was normal... |fr. Sebastian   Sam 2 Juil - 8:26

Il existe des passages dans la vie où s’installe une certaine routine. La routine est souvent mal vue. Pas chez moi. C’est la routine qui alimentait ma vie. Je pouvais rencontrer quelqu’un, être viré de mes études, même me faire piquer par une araignée radioactive, j’aurais toujours le samedi après-midi avec Abby. Cette teigne. Croyez bien que je l’aime de tout mon cœur, ce n’est pas pourtant que je me voile la face : je sais qu’elle n’est pas forcément compréhensive et douce, elle m’en avait fait bavé au début. Mais ça en valait la chandelle. Maintenant nous étions inséparables.

 
Je suis quelqu’un avec une ribambelle d’amis, alors forcément, que mon amie la plus proche soit une fille, plus jeune que lui, cela créait des rumeurs. Je savais qu’elle plaisait aux jeunes de son âge, donc je la devinais belle mais c’était tout. Quand on voit quelqu’un grandir à nos côtés, nous n’avons pas le recul nécessaire pour se rendre compte de leur épanouissement. Avec elle c’était à chaque fois comme quand je la babysittais. Seuls les sujets de conversation changeaient au fur et à mesure des années.

 
Nous devions nous voir cet après-midi. J’avais tout préparé pour arriver à l’heure. L’alarme sur mon téléphone, le passage au Starbuck pour prendre nos boissons respectives. Normalement je devais arriver une bonne quinzaine de minutes avant l’heure du rendez-vous. En sortant de chez moi je mis mes écouteurs. Surprenant pour un sourd ? C’était ma technique spéciale.

 
Quand vous êtes dans la rue ou en train de faire la queue les gens vous parle alors que vous êtes dos à eux. Sauf que si je ne vois pas les lèvres, je ne sais pas qu’on me parle. Maintenant si vous avez des écouteurs, les gens vous taperont sur l’épaule pour vous signifier qu’ils veulent parler. Futé pas vrai ?

 
Au Starbucks la file était longue. Les écouteurs vissés dans mes oreilles, je senti quelqu’un me taper sur l’épaule. Une jolie fille qui attendait elle aussi. Je ne sais plus pourquoi mais nous finîmes par discuter puis boire un café ensemble. Elle m’écrivit son numéro sur le contour de mon gobelet avant de partir. Rien dans tout ce « premier rendez-vous » ne lui avait laissé penser que j’étais sourd. Ce genre de détail m’amusait. A cause de cette rencontre je n’avais pas commandé de boisson pour Abby et j’étais en retard. Je lui envoyais donc un message pour la prévenir avant de me diriger vers le parc.

 
Elle m’attendait au loin, deux boissons dans la main. Elle avait pensé à moi. Enfin j’attendais de boire ladite boisson avant de la remercier. Parce qu’Abby n’était pas une fille comme les autres, non. Elle avait une addiction aux boissons aux goûts plus que douteux. Il y avait souvents des ingrédients  dignes d’une glace plus que d’un café (caramel, vanille etc). Alors si c’était une de ses boissons… Heureusement elle avait commandé ce que je commandais toujours. Noir. Bien fort.

 
Sa question me fit sourire. Je sorti le gobelet avec le numéro (oui, je l’avais gardé, la flemme d’écrire les chiffres dans mon téléphone) :

 
« On a connu pire comme début de journée. Et toi ? Au fait, je me disais, vu le temps que je passe à veiller sur toi je pourrais demander à tes parents de me payer comme baby-sitter. »


Je rigolais bien sûr. Encore qu’être payé pour passer du temps avec elle n’était pas dérangeant. Mais ces parents savaient que nous étions amis. Sa mère m’invitait d’ailleurs parfois à manger chez eux le soir. Une personne très gentille sa mère.


« Ah, et tu dois trouver une idée pour envoyer un beau message à la personne qui a écrit sur mon gobelet vide s’il te plaît. »

 




J’étais capable d’écrire un message correct, mais elle était tout bonnement géniale quand il s’agissait d’envoyer des sms drôles et charmant.

Abby V. Habbot

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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] When everything was normal... |fr. Sebastian   Jeu 20 Oct - 13:00


Avec Sebastian, c’était une histoire d’amitié avant tout. On s’entendait bien. On rigolait. Et certaines de mes copines nous voyait déjà ensemble. A chaque fois, j’avais le droit à cette question « alors c’est quand que vous allez vous mettre ensemble ? ». La réponse était toujours la même : « Jamais, c’est juste un pote ». Mais parfois, je me surprenais à penser à lui. Je lui avais envoyait même des messages juste pour savoir ce qu’il faisait. Mais je le voyais uniquement comme un ami. Je n’imaginais pas plus. Pas moins. De toute façon, les histoires de cœur ce n’était pas vraiment pour moi. Je voyais certaines de mes copines, triste à cause d’un garçon. Je ne voulais pas être comme ça. Je ne voulais pas avoir de compte à rendre. Je ne voulais pas subir de crise de jalousie. Je voulais vivre, profiter. Pouvoir faire ce que je voulais de ma vie. Sans rien ne demander à personne. Et dans le fond, c’était légitime. C’est alors que je vis arriver Sebastian au loin. Une fois qu’il fut à ma hauteur, je lui demandais comment il allait et lui tendit sa boisson. Il ne pouvait pas dire que je ne lui faisais pas de cadeaux. Continuant de le regarder, j’écoutais sa réponse. Je finis par répondre :

« Bah écoute moi ça va, tranquillement. » Je rigolais à sa réflexion et lui dit, avant de boire une gorgée de mon caramel macchiato : « Bah si tu veux, tu peux toujours essayer, ils accepteront peut-être. »

Il me demanda ensuite de lui écrire un message pour une fille qui lui avait laisser son numéro sur son gobelet. Une pointe de jalousie s’empara de moi, mais je ne montrais rien. La jalousie était pour moi une preuve de faiblesse. Et je ne voulais pas être faible. C’était juste un ami, il pouvait faire ce qu’il voulait. Voir qui il voulait. Je lui dis alors :

« T’as qu’à lui dire : « Salut jolie demoiselle, c’était sympa de se rencontrer. Veux-tu boire un verre avec moi un de ses quatre ? » Je marquais une brève pause. Je bus une gorgée de ma boisson et ajouta : « Par contre, attend pas trop longtemps. Nous, les filles on aime pas vraiment attendre un garçon. On passe vite à autre chose. »

Dans ce genre de situation, j’avais l’impression d’être relégué à l’état de meilleure amie. Je ne savais pas si ça me plaisait ou non. Il est vrai que j’aimerais être plus que ça mais je n’allais pas non plus le forcer. Et je ne ferais jamais le premier pas. C’était trop risqué. Et je partais du principe que c’était aux garçons de le faire, de toute façon.
Sebastian Caulfield

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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] When everything was normal... |fr. Sebastian   Ven 21 Oct - 0:25

                « Salut jolie demoiselle ? C’est tout ce que t’as ? J’ai oublié de te dire qu’elle était jolie et qu’elle vient de ce siècle, pas du XIIe siècle. »
 
Je me permettais de dire ça simplement parce que je savais que sa réponse n’était qu’une phrase convenue. Je m’approchai d’elle et passai mon bras gauche autour de ses épaules pour pointer l’horizon à l’aide de mon bras droit (scène qui fait très visionnaire dans les films, mais qui sur le moment consistait à deux jeunes pointant une poubelle du doigt dans un parc) et commençait à parler d’une voix qui se voulait persuasive.
 
« Imagine que tu attends pour un café, quelque chose à la fois doux et corsé, une délicate note de piment dans ta vie. Et là tu tombes sur moi. Ca ne s’arrête pas là : tu te rends compte que je ne suis pas que super beau, même si franchement c’est ta première pensée à ce moment-là, ajoutais-je en rigolant, mais que je suis diablement charmant. Tu me donnes ton numéros avec pour unique rêve de me reparler dès que possible sauf qu’en sortant tu tombes sur Bob, un homme gras à la barbe parsemée et pourtant plus fournie que son crâne qui t’accoste avec ses mains poisseuses pour te voler cinq minute de ta vie et en même temps aspirer tout le charme de la rencontre précédente. Quel message devrais-je t’envoyer pour te rappeler à quel point on est fait l’un pour l’autre ? Tu ne te contenterais pas d’un jolie demoiselle pas vrai, elle non plus.»
 
J’essayais bien évidemment de la mettre en condition. S’imprégner du personnage de la fille pour trouver un excellent message à envoyer, comme font les bons acteurs. Je la laissais donc s’inspirer du scénario sans me décoller d’elle, sa subtile fragrance me poussant à rester contre elle.
 
En tant que sourd, les autres sens se développent plus afin de compenser le sens perdu. On voit ça un peu partout dans le cerveau humain. C’était Matthew qui m’avait expliqué un jour que la mémoire était composée de plusieurs mécanismes de mémoires, de plusieurs mémoires donc (enfin de ce que j’avais compris. Même quand il simplifie les termes, il parle souvent avec trop de passion pour être compréhensible quand on est néophyte). Chaque mécanisme travaille d’une manière différente, pourtant quand un des mécanismes est détruit – à cause d’une maladie, ou d’un problème comme l’alcoolisme par exemple – les autres mécanismes vont tenter de prendre en charge la fonction de celui manquant. Bon, ça ne remplace pas l’autre totalement, mais ça aide. Pour mes sens, c’est pareil, ce qui me rend parfois très sectaire quant à mes fréquentations.
 

Quand je suis avec quelqu’un, l’odeur est un facteur beaucoup plus important. Vous ne me verrez jamais donner rendez-vous à quelqu’un près d’un poissonnier par exemple. Par contre je traîne souvent dans les starbucks ou les confiseries. Logique n’est-ce pas ? Et bien appliquez ce raisonnement aux humains. Je ne pouvais pas passer beaucoup de temps avec les personnes que je ne sentais pas, sans mauvais jeu de mots. Il y avait une fille quand j’étais jeune qui me plaisait beaucoup, malheureusement elle avait une odeur de pistache. Je hais, la pistache. Ça n’a jamais collé. Abby à l’inverse, a toujours eut la plus douce odeur que je connaisse. Probablement grâce à tous ses « cafés » coupés avec des sucreries. C’était la personne que je préférais avoir à mes côtés. Si elle avait été plus âgée peut-être que… Mais la différence d’âge avait le moyen de me ramener les pieds sur terre rapidement. Jamais une jeune fille ne sortirait avec quelqu’un d’aussi vieux que moi. C’était presque contre nature et de toute façon elle devait forcément craquer pour les jeunes de son âge.
Abby V. Habbot

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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] When everything was normal... |fr. Sebastian   Ven 21 Oct - 13:38

Il passa son bras derrière mes épaules et me demanda de regarder l’horizon. Il voulait que je l’aide mais comment pouvais-je ? Des histoires de cœur, je n’en avais pas eu tellement. Et je pense que chaque fille est différente. Chaque fille imagine son prince charmant différent. Moi je n’avais aucune idée de comment il serait. Je voulais simplement vivre un conte de fée. Comme Blanche Neige ou Cendrillon. Je voulais une fin heureuse digne des plus grands Disney. Je voulais un garçon qui m’aime pour ce que je suis. Pas pour ce que j’ai. Je voulais avoir des étoiles dans les yeux quand je serais avec lui. Je voulais qu’il me surprenne. Qu’il me prouve qu’il m’aime. Qu’il me protège tout en me laissant faire ce que je voulais. Qu’il me soutienne. Qu’il soit là dans les pires moments. Comme dans les meilleurs. Mais je n’avais aucune idée de la façon dont j’aimerais qu’il m’aborde. Tout simplement parce que je n’y avait jamais réfléchi. J’écoutais Sebastian me mettre en condition. J’aimerais bien tomber sur un garçon comme lui, dans le fond. Gentil, le cœur sur la main, toujours prêt à n’importe quoi pour ceux qu’il aime. Mais j’étais beaucoup trop jeune pour lui.

« Tu sais, je ne pense pas que ce soit ce que tu lui diras dans le message qui compte, mais plus le temps que tu mettras à lui en envoyer. » Je marquais une brève pause avant d’ajouter : « Enfin, moi je sais que si je devais donner mon numéro à un garçon, j’voudrais que dans les dix minutes qui suivent, il m’envoie un message pour que j’ai son numéro. Et dans ce message, je me moquerais du contenue. Que ce soit juste un smiley ou une approche complètement pourrie, ce n’est pas ça qui compterais pour moi, dans le fond. C’est que secondaire. »

Je l’avais regardé pour parler. Et j’avais finis par reposer mon regard sur l’horizon. Ou plutôt le premier objet qui délimitait l’horizon de là où j’étais. Par rapport au message qu’il devait envoyer, c’était à lui de voir ce qu’il lui dirait. Je ne la connaissais pas. Et dans le fond, même en la connaissant, je ne pourrais pas l’aider. Je bus une gorgée de ma boisson, tout en continuant de regarder en face de moi. Après plusieurs minutes de silence, je lui lançais :

« Et puis de toute façon, t’es plus âgé que moi, t’es censé avoir plus d’expérience que moi dans les relations amoureuses. Pourquoi tu ne te sers pas de ça ? »

Moi j’avais eu de petites histoires sans importance. C’était plus de l’attachement que le grand amour. Et pour cause, je n’avais pleuré pour aucune de mes relations. J’avais été triste mais pas au point de pleurer. Je ne savais pas ce que c’était d’être vraiment amoureuse. Et parfois, ça me manquait un peu.
Sebastian Caulfield

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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] When everything was normal... |fr. Sebastian   Sam 5 Nov - 23:51

  Pourquoi je lui demandais de m’aider à composer ce message. C’était une question légitime. Parce qu’elle était douée avec les mots ? Certes, mais insuffisant. J’étais moi-même doué avec les mots, puisque je ne les entendais pas. Pour sa vision des relations amoureuses ? Réponse toute aussi correcte, mais incomplète. J’étais cependant touché par sa vision des choses. Peu importait la qualité tant que l’autre tentait le geste rapidement. Elle rendrait quelqu’un vraiment heureux plus tard. Et cette personne ne le mériterait pas. Personne ne mérite une fille aussi géniale qu’Abby. Mais en tant que meilleur ami, je ferais tout mon possible que le mec qu’elle aime se donne à 3 milliard de pourcents pour la rendre heureuse.
 
  Nous restions là, collés, et dans une certaines mesures nous attendions tous les deux ma réponse. Peut-être même que je l’attendais plus qu’elle. Quand je pense à ce moment, je me dis que tout ce qui nous est arrivé ensuite aurait pu être radicalement différent. Imaginez si je m’étais mis face à elle et que je l’avais embrassé, cette jeune ado, moi qui commençais à rentrer dans la catégorie des vieux débris. Elle m’aurait sans doute giflé, on en aurait rigolé, et quand plus tard elle aurait arrêté de me parler, je me serais persuadé que c’était à cause de ce baiser. Rien de compliqué.
 
  Nous ne bougions pas, les regards dirigés sur cette poubelle pleine. Un homme viendrait probablement la vider dans la journée. Ou une femme, je n’apportai aucune restriction au job. Ce genre de boulot en tout cas ne serait jamais pour moi. Le fait de bosser dehors était sympa, mais nettoyer les endroits, changer les sacs poubelles, jamais de la vie. Le pire devait être dans les bâtiments cependant. Parce qu’à ce moment-là vous finissez par connaitre les gens qui jettent des saletés, et vous savez ce qui vous attend dans chaque toilette, chaque corbeille, chaque lavabo. Je regardais et songeait au futur.
 
Sans réaliser ce que pouvait insinuer mes paroles je lui répondis enfin.
« Pour que tu m’en dissuades. »
 
Un vent frais nous traversa tous les deux. Mon bras se resserra contre elle, nous rapprochant l’un de l’autre.

Je nous imaginais pour la première fois dans le futur.
La machine à café, gigantesque monstre à mi-chemin entre un modèle professionnel et une petite cafetière de particulier, laissait échapper une douce odeur de chaleur dans la cuisine. Elle pouvait moudre de vrais grains et ne se contentait pas de cette poudre emballée sous vide. La bête disposait aussi d’une tige en métal capable d’envoyer de la chaleur sous l’état d’air compressé afin de chauffer de l’eau pour un thé ou, comme certaines personnes aimaient dans la maison, du lait pour faire des cappuccinos, des macchiatos et autres mixtures étranges. Malheureusement cette fois-ci je l’avais lancée dans la précipitation et j’avais manqué une étape. La tasse était certes remplie, mais le liquide n’était pas celui escompté. Pour ma défense, l’emballage était dans la poubelle extérieure, qui n’avait pas encore été enlevée par les éboueurs.
 
« Je t’avais dit qu’il fallait continuer à l’acheter dehors » ricana-t-elle.
« N’ai-je pas le droit de tenter offrir de la qualité à ma chérie parce qu’elle ne croit pas en moi ?
-N’ai-je pas le droit d’avoir un bon macchiato caramel ce matin parce que je suis mariée à un romantique avec deux mains gauches ? »
Elle tira alors la langue et je l’embrassai. Elle sursauta légèrement et les traits de son visage se défirent une micro seconde.
« Ta petite Opal crie pour que tu ailles t’occuper d’elle.
-Je n’ai rien entendu, répondis-je d’un air bête.
-Bouge tes fesses ! lança-t-elle avec une poignée de sucrettes.
 
Il n’y avait aucun problème entres-nous. Rien qui puisse justifier que nous ne soyons pas ensemble. La scène se déplaçait dans la chambre d’une petite fille. Opal avait la beauté d’Abby et le caractère de… hum, et bien d’Abby aussi ! Petite teigne à croquer. Dans son berceau, les pupilles si douces et le regard si dur. Elle s’arrêta de crier quand elle me vit (elle avait mis moins de temps qu’Abby à comprendre que je n’entendais pas les cris, mais je n’osais pas le dire à Abby sinon elle aurait usée de sa moue irrésistible en prétextant que je me moquais toujours d’elle) mais continuait d’être mécontente.
« C’est drôle quand même, j’ai aussi été le baby-sitter de ta maman. »
Oui. Parce que sa mère et moi n’étions pas du même âge, pas du même monde donc…
 

Un vent frais nous traversa tous deux. Mon bras serré autour d’Abby s’agita pour créer un semblant de chaleur par la friction.
  Le moment était parti, je n’avais plus qu’une poubelle devant moi.
« Ça ne marchera pas avec elle. On continuera à se parler jusqu’au moment où elle me sortira j’adore cette chanson. Je la regarderai avec embarra, s’ensuivra un dialogue de sourd et elle m’embrassera en me disant qu’elle est contente que je me sois confié alors qu’en vérité c’est surtout impossible de cacher quelque chose comme ça pendant très longtemps. Elle restera avec moi soit en ayant conscience qu’elle ne veut juste pas passer pour quelqu’un de méchant, soit parce qu’elle pensera vraiment que c’est quelque chose qui l’attire. Puis les situations problématiques s’enchaîneront. Elle me dira qu’elle a l’impression qu’elle parle et que je ne l’écoute pas, je rétorquerais que je n’entends pas tout simplement. Elle s’énervera parce que selon elle j’use de mon handicap pour ne pas faire d’efforts alors que le problème c’est qu’elle prend ma surdité toujours en compte, comme si c’était ce qui me définit. A ce moment-là soit je suis attaché à elle et j’arrange les choses pour encore un ou deux mois ou alors je lui balance dans la face que pour moi ce n’est pas un handicap et qu’elle peut rentrer chez elle. »
 

  Je la lâchais et laissait ma main pendre le long de mon corps.
Abby V. Habbot

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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] When everything was normal... |fr. Sebastian   Jeu 5 Jan - 13:52


Pour que je l’en dissuade. C’était la réponse qu’il venait de me donner. Pourquoi voulait-il que je le dissuade d’envoyer un message à une fille ? Pourquoi comptait-il sur moi alors que la demoiselle en question avait l’air de lui plaire ? Je fronçais légèrement les sourcils. La situation était bizarre. Mais que pouvais-je dire ou faire ? Mon regard braqué sur la zone d’horizon coupé par les allers et venues de certains passants, je réfléchissais au pourquoi du comment. Est-ce que c’était possible qu’il soit amoureux de moi ? Ou du moins qu’il ait des sentiments assez forts à mon égard pour ne pas vouloir aller vers une autre fille ? Non. Il fallait que je me chasse cette idée-là de la tête. Il était beaucoup plus âgé que moi. Pourquoi est-ce qu’il s’intéresserait à une gamine de quinze ans ? Je ne répondis pas. Pas parce que je n’avais pas entendu mais plus parce que je ne savais pas quoi dire. Puis, il partit dans un monologue, prétextant qu’avec elle ça ne marcherait pas. Il avait si peu confiance en lui pour penser ce genre de chose. Parce que si ça se trouve, c’était le contraire. Ils tomberaient amoureux et feraient beaucoup d’enfants. Comme dans les contes de fée. Je tournais alors la tête vers lui. Il fallait que je trouve quoi dire. Mais pour le coup, je n’avais pas vraiment d’idée. Je commençais donc :

« Pourquoi t’es aussi négatif ? ‘Fin si ça se trouve, ça n’aura rien à voir avec ce que tu penses. C’est peut-être une fille très compréhensive, qui passera au-dessus de ton handicap. Peut-être même que ce petit « truc » que t’as, c’est ce qui fera qu’elle tombera encore plus amoureuse de toi et elle aura envie de te protéger ou je sais pas. » Je marquais une brève pause. Et voilà, que je commençais à le pousser à aller vers cette fille alors que je ne le voulais pas. « Peut-être que c’est juste toi qui a peur de t’ouvrir à elle parce que tu ne l’a connais pas. Peut-être que t’es trop pessimiste parce que tu penses qu’aucune fille ne pourra s’intéresser à toi à cause de te surdité. Tu sais, faut pas que tu te prennes la tête. Essaie, lance-toi et dans le pire des cas, si ça ne marche pas, t’auras essayé. » Je détournais à nouveau le regard. S’il pouvait lire en moi comme dans un livre ouvert et se rendre compte que je voulais qu’il l’oubli, tout irait bien dans le meilleur des mondes. « Mais j’ai juste une question : pourquoi tu veux que je te dissuade de lui envoyer un message ? »

Il fallait bien se l’avouer, la réflexion qu’il m’avait fait quelques minutes plus tôt me perturbais. Et je voulais avoir une explication, claire, net et précise. Peut-être qu’il ne s’était pas vraiment rendue compte de ce qu’il disait et de l’impact que ça pouvait avoir. J’attendais sa réponse tout en continuant de regarder droit devant moi.
 
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